Jeux de mime pour enfant : lequel choisir de 4 à 10 ans
Douze jeux de mime comparés par âge : des images dès 4 ans, des actions dès 6 ans, des règles qui changent dès 8 ans. Ce que le mime développe, et six variantes, dont le mime inversé, pour relancer les parties.
Jean-Pierre
Papa de deux enfants, éditeur du site

Certains enfants ont du mal à raconter leur journée. Pas par manque de vocabulaire, plutôt parce que se lancer dans une phrase devant toute la table leur coûte. Ils commencent, s'arrêtent, laissent tomber.
Pour eux, un jeu de mime à sept euros peut changer beaucoup de choses. Sans un mot à prononcer, l'enfant peut devenir celui qui fait rire toute la pièce, et prendre confiance pour parler ensuite.
Pour répondre tout de suite : le mime travaille le langage sans passer par la parole. C'est ce qui le rend précieux pour les enfants qui n'osent pas, et amusant pour tous les autres. Nous avons maintenant douze jeux de mime en catalogue : voici lequel choisir selon l'âge, et comment y jouer sans que ça tourne court.
Ce que le mime développe réellement
Quatre choses, et aucune ne saute aux yeux quand on regarde la boîte.
Le vocabulaire, par un autre chemin
Pour mimer « le crocodile qui a faim », l'enfant doit d'abord se représenter le mot avec précision. Il ne le récite pas, il le décompose : comment ça bouge, quelle taille, quel geste caractéristique. C'est un travail de définition, et il s'ancre bien mieux qu'une liste de mots.
Du côté de ceux qui devinent, c'est de la recherche lexicale active. Ils passent en revue des candidats, éliminent, proposent. Aucune fiche d'exercice n'obtient cette intensité.
La lecture des expressions et des gestes
Deviner un mime, c'est interpréter un visage et une posture. Cette compétence-là ne se travaille presque nulle part ailleurs dans les jeux d'enfant, et elle sert tous les jours en cour de récréation.
C'est aussi la raison pour laquelle ces jeux intéressent beaucoup les enfants qui décodent mal les intentions des autres : le mime rend explicite ce qui est habituellement implicite.
L'inhibition, autrement dit se retenir
La règle veut qu'on ne parle pas. Pour un enfant de cinq ans, se retenir de dire le mot alors qu'il l'a sur le bout de la langue est un exercice considérable. C'est exactement le muscle qui sert à lever la main au lieu de crier la réponse en classe.
La confiance devant les autres
C'est le bénéfice qui nous a le plus surpris. Le mime donne un rôle à celui qui n'aime pas parler, sans exiger de lui ce qui lui coûte. Il est au centre, il fait rire, et il n'a pas eu à construire une phrase.
À partir de quel âge
Trois seuils assez nets, d'après les fiches et les avis.
Vers 3 ans, l'enfant peut imiter un animal si vous le faites avec lui. Il ne comprend pas encore la règle du silence ni le fait qu'il faut faire deviner. Ce n'est pas du mime, c'est de l'imitation, et c'est très bien.
Vers 4 ou 5 ans, il comprend qu'il doit faire deviner quelqu'un. C'est le vrai début. Il parle encore souvent malgré la règle, et il faut fermer les yeux là-dessus au début.
Vers 6 ou 7 ans, il tient le silence, il choisit ses gestes, il devine vite. C'est l'âge où le jeu devient réellement amusant pour les adultes aussi.
Dès 4 ans : des images, pas de lecture
À cet âge, tout se joue sur un point : l'enfant doit comprendre sa carte sans savoir lire.
Notre choix : Time's Up Kids. Le principe est plus riche qu'un simple mime, et c'est ce qui le rend durable. Première manche, on décrit les images avec des mots. Deuxième manche, les mêmes cartes reviennent et il faut les faire deviner uniquement par le geste. L'enfant relie ainsi vocabulaire, mémoire et expression corporelle dans la même partie. Plus de 2 300 avis, 4,79 de moyenne, et des parties d'environ vingt minutes.
Chat, Panda ou Grand Format ? Les versions Chat et Panda sont identiques dans leur principe et se combinent entre elles : prenez celle que vous trouvez, et la seconde plus tard si le jeu tourne. Le Grand Format monte à 220 cartes et remplace la compétition par la coopération, ce qui évite les larmes avec des enfants de quatre ans. Son seul défaut, d'après un avis : un grand sablier jugé encombrant.
Le conseil qui évite l'échec de la première partie, tiré de leur fiche : à 4 ans, écartez d'abord les images qu'il ne reconnaît pas, réintroduisez-les ensuite.
Les paquets de cartes simples font très bien le travail pour moins de onze euros. Rabano Art propose cinquante cartes illustrées et deux variantes selon l'âge, avec 364 avis à 4,69. Clementoni, à moins de sept euros, mise sur des grimaces, des gestes et des animaux, sans texte. Réserve honnête pour les deux : les cartes sont vite connues, et la règle n'évolue pas en grandissant.
Et pour les plus petits, Little Mime de Djeco ne propose que des animaux, ce que tout enfant sait imiter. Sa fiche est réaliste sur l'âge : annoncé dès 2,5 ans, mais la règle se comprend vraiment vers 3,5-4 ans.
Dès 6 ans : les actions et les situations
L'enfant ne se contente plus d'imiter un animal, il décompose une scène.
Devine ce que je mime, d'Educa, ajoute une roulette qui impose une catégorie : animaux, personnages, objets. Cette contrainte évite le classique « je remime toujours le chat », et 886 avis la placent à 4,53. Le détail qui fait durer le jeu, d'après sa fiche : des cartes blanches à remplir vous-même, avec les mots de votre famille.
Le jeu Likarto, cinquante-cinq cartes d'actions et de personnages, tient jusque vers neuf ou dix ans. Son conseil de fiche est le meilleur de toute la catégorie : mimez la première carte vous-même, ridicule assumé. Un enfant timide se lance beaucoup plus vite quand il a vu un adulte se tromper avant lui.
Tip Top Clap, de Djeco, n'est pas exactement un jeu de mime : c'est une chaîne de gestes et de sons à retenir et à rallonger. Il travaille la mémoire en même temps que le corps. Sa fiche fixe une fenêtre étroite : de 6 à 8 ans, vraiment, passé 8-9 ans les mimes paraissent trop enfantins.
Dès 8 ans : on change la règle, pas les cartes
C'est l'âge où le mime classique s'épuise. Trois jeux relancent l'intérêt en inversant le mécanisme.
Mime Master renverse tout : le meneur ne mime pas, il donne des consignes de posture aux autres jusqu'à ce que quelqu'un devine l'action. Il faut donc décomposer un geste pour le faire exécuter par quelqu'un d'autre, ce qui est beaucoup plus exigeant que de le montrer.
Hors la l'Oie croise le mime et le téléphone arabe : la scène se transmet de joueur en joueur, se déforme en route, et le dernier doit identifier la victime et la coupable parmi dix cartes. Il faut au moins cinq joueurs.
Fou Mime, dès 10 ans, assemble un personnage et une situation improbables, un lion qui peint, une poule amoureuse. Le conseil de sa fiche débloque les combinaisons les plus étranges : montrez-lui qu'il peut mimer d'abord le personnage, puis l'action.
Dans la même famille, Qui suis-je ? remplace le geste par la question : l'enfant devine sa carte en posant des questions fermées. C'est le même travail de catégorisation, sans avoir à passer devant les autres, ce qui convient bien aux enfants réservés.
Comment y jouer sans que ça tourne court
Voilà la partie que les règles imprimées ne disent pas, et qui décide de tout.
Commencez par mimer vous-même, et exagérez. Un adulte qui mime un éléphant à moitié ne donne envie à personne. Les premières parties, faites-en trop : c'est ce qui autorise l'enfant à en faire trop lui aussi.
Ne comptez pas les points au début. Le score transforme le jeu en compétition, et l'enfant qui perd deux fois arrête. Jouez d'abord sans compter, uniquement pour deviner.
Acceptez qu'il parle. Un enfant de cinq ans lâchera le mot. Ce n'est pas de la triche, c'est que l'inhibition n'est pas encore installée. Souriez, redonnez une carte, ça viendra tout seul.
Écartez les cartes trop dures. Triez le paquet avant de commencer et retirez ce que votre enfant ne peut pas connaître. Une carte incompréhensible coûte trois minutes de flottement et casse le rythme.
Arrêtez avant la fin. Cinq ou six cartes suffisent. Un jeu de mime qui s'arrête quand tout le monde en redemande se ressort le lendemain.
Les variantes qui relancent le jeu
Quand le paquet est connu par cœur, ces variantes lui donnent une deuxième vie. Elles ne demandent aucun achat.
Le mime à deux. Deux enfants miment ensemble la même carte. Ça oblige à se coordonner sans parler, ce qui est bien plus difficile qu'il n'y paraît, et bien plus drôle.
Le mime en chaîne. Le premier mime pour le deuxième, qui remime pour le troisième, sans voir la carte d'origine. Le résultat final n'a plus rien à voir, et c'est tout l'intérêt.
Le mime au ralenti. Tout se fait trois fois plus lentement. Ça force la précision du geste et calme instantanément une partie qui s'emballe. Notre variante préférée en fin de journée.
Le mime sans les mains. Uniquement le visage et le corps. Étonnamment difficile, et excellent pour travailler l'expression.
Le mime inversé. L'adulte mime, l'enfant écrit ou dessine ce qu'il a compris. Utile pour un enfant qui refuse de passer devant les autres.
Les cartes maison. Faites-lui dessiner dix cartes lui-même. Il choisira des choses de sa vie, l'école, le chat, le brossage de dents, et le jeu devient le sien.
Les erreurs à éviter
Ne corrigez pas un mime. Dire « ce n'est pas comme ça qu'on fait un lapin » est le meilleur moyen de terminer la partie. Il n'y a pas de bonne façon de mimer.
Ne mimez pas à sa place quand il bloque. Laissez-le chercher, même dix secondes de silence gêné. C'est précisément là que le travail se fait.
Attention au grand frère. Si un aîné devine tout en deux secondes, le petit décroche. Une solution simple : donner un handicap au grand, qui ne devine qu'après trois propositions des autres.
Pour toute la gamme Time's Up, de la version Kids à la version Party pour les ados, voyez Time's Up : quelle version choisir.
Si vous n'en prenez qu'un
À 4 ou 5 ans : Time's Up Kids, pour l'enchaînement décrire puis mimer, ou un paquet de cartes illustrées à sept euros pour tester.
À 6 ou 7 ans : un jeu d'actions et de situations, avec une roulette ou des cartes blanches à compléter.
À partir de 8 ans : un jeu qui inverse la règle, comme Mime Master, ou une chaîne de transmission à cinq joueurs.
Et avant d'acheter quoi que ce soit, essayez ce soir avec dix mots écrits sur des bouts de papier. Vous saurez en un quart d'heure si c'est une catégorie pour votre famille.
Le mime se joue à plusieurs et pose donc la même question que les jeux de société : nous avons regardé à quel âge une partie se termine vraiment, et ce qui rend un jeu jouable quand il y a un écart d'âge. Pour une soirée entière à animer, voyez aussi préparer une soirée d'Halloween à la maison.
Pour prolonger, la page langage rassemble ce qui travaille la mise en mots, socialisation regroupe les jeux qui se jouent à plusieurs, et si votre sujet est plutôt l'enfant qui n'ose pas, allez voir les jeux de société coopératifs.
Le mime n'est qu'une partie du langage à cet âge : les repères et les autres jeux qui font parler sont dans le langage à 4-5 ans.
Pour le plus connu des jeux de mime, voyez Time's Up Family ou Kids : les règles.
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